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Gigondas et Châteauneuf-du-Pape, ambassadeurs de la (bio)diversité au salon du goût (Slow Food)

Publié le par AOC Gigondas

Gigondas et Châteauneuf-du-Pape, ambassadeurs de la (bio)diversité au salon du goût (Slow Food)

A l’occasion de la neuvième édition du Salone del Gusto, organisé à Turin par l'association écolo-gastronomique Slow Food, les Crus Gigondas et Châteauneuf-du-Pape se sont associés pour présenter leurs terroirs et leurs vins au cours d’un atelier dégustation.

Du 25 au 29 octobre, 910 exposants de spécialités gastronomiques et 288 producteurs de « produits sentinelles » (initiatives de sauvegarde de produits typiques), se sont rassemblés pour défendre une alimentation « bonne, propre et juste (c’est-à-dire payée au juste prix) ». Fondé en 1986 par le critique gastronomique et sociologue Carlo Petrini en réaction à l'ouverture en Italie des premiers fast-foods, Slow Food a pour but d'éduquer au goût, de défendre la biodiversité et de promouvoir un modèle alimentaire respectueux de l'environnement et des identités culturelles. Aujourd'hui, le mouvement compte 100 000 membres dans 163 pays.

Les visiteurs ont pu participer à plus de 100 « ateliers du goût », « rendez-vous gourmands », conférences, et dégustations de vin. Nous avions d’ailleurs fait le voyage avec nos voisins et amis vignerons de Tavel, Marie et Eric Pfifferling, du domaine de L’Anglore, venus présenter des rosés du monde entier.

L’objectif de la master class : présenter l’incroyable diversité de terroirs de la Vallée du Rhône méridionale, et les différences qui en résultent dans les vins. Entre ceux des deux appellations, mais également au sein de chaque cru. Avec le défi- circonstancié !- de ne pas rester en surface, mais au contraire de « creuser », tout en respectant le temps limité qui nous était imparti. Si nous savions l’auditoire intéressé- les inscriptions (payantes) ont été clôturées plusieurs semaines avant le début du salon-, nous sommes parvenus à le garder attentif jusqu’au bout.

Un pari tenu tout d’abord, et avant tout, grâce au talent et la pédagogie de l’ « oeno-géologue » Georges Truc (et d’une excellente traduction simultanée !). Spécialiste des sols ET fin connaisseur des vins de la région, c’est sans difficulté qu’il a pu établir des liens entre les deux. Grâce ensuite au moyen employé : la preuve par l’exemple. Les participants ont ainsi pu déguster un vin représentatif de chacun des terroirs présentés. Cinq pour chaque appellation, tous du millésime 2009. A Gigondas, nous avons débuté à l’ouest, dans la plaine caillouteuse, ancienne terrasse de la rivière Ouvèze, avec le domaine Santa Duc. Puis nous nous sommes progressivement avancés vers les Dentelles de Montmirail : les fragments calcaires non roulés et marnes abondantes du cône de déjection sur lequel se situe le domaine Raspail Ay, puis les sables et grès (safres) du Tertiaire (Miocène) formant les collines situées au piémont des reliefs, secret de la longue garde des vins des Teyssonnières. Et nous avons terminé dans la « montagne », avec les domaines La Bouïssière et Pierre Amadieu. L’altitude, combinée aux marnes crétacées, apporte fraicheur, senteurs environnementales et une rare élégance aux vins du premier. Associée aux calcaires, marnes crétacées et éboulis calcaires, elle apporte à la cuvée Pas de l’Aigle du second des arômes de pierre chaude et de garrigue (résine, térébinthe…).

Si ces vins ont chacun une personnalité propre, liée à leur terroir, mais aussi aux choix et savoir-faire des vignerons, la dégustation a fait la preuve que Gigondas mérite plus que jamais d'être désignée comme « terre d’élection du Grenache fraîcheur ».

Vous l’aurez compris sans doute compris, la preuve par l’exemple, mais aussi par l’excellence. Une méthode qui s’est révélée- mais peut-on s’en étonner ?- très efficace !

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